patrick.morvan(at)yahoo.fr
Quelques mots polémiques et périphériques à notre sujet (les âmes sensibles peuvent passer cette introduction).
Quels sont les résultats produits par ce système ? Selon l’APEC, en 2007, 67 % seulement des étudiants en droit étaient en poste un an après l'obtention de leur diplôme quand ils étaient 77 % toutes filières confondues ; 49 % étaient en CDI contre 62 % pour l'ensemble des jeunes diplômés. Ils sont aussi moins bien payés (la moitié des juristes a un salaire inférieur à 24 600 € contre une moyenne de 27 300 € toutes filières confondues). En d’autres termes, vous avez une chance sur deux, statistiquement, que le droit soit votre métier en fin de Master 1.
Vous devez donc suivre la bonne voie. Quels conseils prodiguer ? Abandonnons le terrain de la polémique (dont vous n’avez cure bien que vous soyez au centre de celle-ci) et soyons très pragmatique.
1°) En première approche, consultez et fouinez tous azimuths dans le portail officiel des étudiants : www.etudiant.gouv.fr.
Tapez aussi « Erasmus » et « Erasmus Mundus » sur votre moteur de recherche pour accéder aux sites de l’Éducation nationale et de l’Union européenne sur ces programmes universitaires.
Voyez aussi le portail des masters en Europe : www.mastersportal.eu.
Notez qu’une année hors de France se prépare une année entière avant le début des cours dans l’université étrangère !
Seuls 3 % des étudiants en droit ont une expérience étrangère, contre 100 % des étudiants de certains instituts ou écoles qui concurrencent (on comprend pourquoi) les Facultés de droit.
2°) En tout état de cause, vous devez apprendre suffisamment l’anglais et surmonter un blocage psychologique qui handicape de façon considérable les étudiants en droit.
Ne vous bercez pas d’illusions sur la valeur d’un « niveau baccalauréat » à peine dépoussiéré par les maigres cours en Faculté de droit.
Les étudiants que nous recevons en entretien de recrutement dans notre Master 2 Pro DPRT à Paris 2 sont tous assez convaincus qu’ils se « débrouillent » en anglais : ils disent regarder les films ou séries TV en version originale et comprendre presque sans lire les sous-titres, ou bien évoquent quelques voyages touristiques à l’étranger ! C’est une grave erreur d’appréciation : comprendre (un peu) signifie que vous disposez d’un vocabulaire passif correct, non que vous êtes capable de mobiliser un vocabulaire actif et de forger des phrases pour exprimer une idée quelconque, avec fluidité. S’il tente l’expérience de converser avec un anglophone, l’étudiant de « niveau bac » s’apercevra qu’il est littéralement « scotché » au début de sa phrase et, d’ailleurs, qu’il comprend très mal son interlocuteur ; et ne parlons pas d’un entretien au téléphone, en situation de tension psychologique.
Quel est le remède ?
D’abord, il faut, le plus tôt possible, améliorer ses capacités linguistiques : au travers de cours payants et d’un travail personnel régulier ; pour les moins fortunés (ou tout le monde), dans le laboratoire de langues de votre université ou au travers de conversations gratuites avec un étudiant anglophone lui-même désireux d’apprendre le français (passez des annonces, par exemple à l’Alliance française ou au CROUS, et faites des rencontres). Le but premier est d’acquérir de la fluidité. Les cadres en entreprise se débrouillent avec 500 mots (le « globish »…) mais leurs compétences linguistiques sont jugées excellentes s’ils parviennent à exprimer toute idée et à comprendre leur interlocuteur américain au téléphone.
Ensuite, au cours de cette année (vers le mois d’avril, environ), vous devrez pouvoir attester sur votre CV de votre niveau, même s’il est modeste :
- soit en passant un des Certificates de Cambridge (http://www.cambridgeesol.fr),
- soit en passant un test qui vous donne un score : le TOEIC (http://www.fr.toeic.eu, sur 990 points) ou le TOEFL (http://www.fr.toefl.eu). Ne complexez pas inutilement : avec un niveau moyen, vous pouvez obtenir 600 points au TOEIC et le contrat sera rempli. Notez quand même que le TOEFL est plus difficile et plus révélateur du niveau de compréhension. Notez enfin qu'il est possible de s'inscrire au TOEIC sur internet le matin, le passer l'après-midi et avoir les résultats presque aussitôt (sous 15 jours mais un étudiant m'a dit les avoir eus le lendemain !) : prétendre qu' "on a pas eu le temps cette année" révèle une inertie et une mauvaise foi coupables...
Si vous ne faites rien ? C’est simple : adieu les (bons) Master 2 et, surtout, adieu les offres d’emplois au sortir de vos études (elles seront pour ceux qui ont suivi ces conseils, pas pour vous). On ne vous demandera presque jamais d’être bilingue. La tâche n’est pas insurmontable mais réclame un travail régulier qui doit commencer tout de suite.
Notez à ce titre qu’une année un peu creuse, consacrée au redoublement d’un Master 1 ou au suivi d’un second Master 1 après avoir essuyé une première fois des refus dans des Master 2 (une situation fréquente dont vous trouverez plusieurs témoignages dans les commentaires de cet article), peut être valorisée intelligemment en accomplissant un stage professionnel et en suivant parallèlement des cours d’anglais ou en effectuant un séjour à l’étranger. Vous pourrez ainsi re-présenter le ou les Master 2 convoités avec un profil nouveau et plus appréciable. Ces efforts et cette remise en cause souligneront aussi votre maturité et votre volonté.
3°) Vous devez identifier les disciplines juridiques pourvoyeuses d’emplois sur les sites d’offres d’emplois de juristes, tels que recrulex.com, village-justice.com, uja.asso.fr, afje.org…, ainsi que dans les rubriques emplois de la presse papier.
Le test est imparable. Vous verrez apparaître des disciplines dont le succès est bien connu mais aussi des spécialités inattendues (et pour cause : l’université, coupée du réel, n’enseigne pas toujours ces matières avant la 5e année, comme le droit de la protection sociale d’entreprise ou le droit du financement, qui ouvrent des boulevards).
À l’inverse, vous démasquerez par ce biais les diplômes et les matières anecdotiques ainsi que les maquettes de Master 2 qui vous promettent monts et merveilles (des débouchés dans les cabinets d’avocats, les entreprises, la fonction publique, etc., selon la liste habituelle et purement formelle). En réalité, pour les raisons sus-décrites qui tiennent à la faible implication des enseignants dans l’avenir de leurs étudiants et l’absence de moyens administratifs, rares sont les directeurs de Master 2 qui se préoccupent du devenir de leurs promotions et disposent de statistiques à ce sujet. Les débouchés sont purement théoriques (par exemple : la magistrature pour un Master 2 de droit processuel ou de droit pénitentiaire ; ce n’est pas un Master 2 qui ouvre les portes de cette profession mais le redoutable concours de l’ENM qu’aucun titulaire de ce Master 2 n’a sans doute jamais réussi, sauf à avoir obtenu un autre Master 2 plus général et être très bon étudiant par ailleurs).
Vous rêvez de droit humanitaire, de défendre les droits des enfants, du droit de la culture ou des arts, de
droit du sport, etc. ? Redescendez sur terre. Aucun diplôme ne vous conduira vers une carrière dans ces domaines mais vous trouverez bien des universités qui vous le promettent.
4°) Dans cette ligne, vous devez choisir votre futur Master 2.
Votre projet professionnel doit être cohérent. L'hésitation est permise en début d'année, ce qui justifie que vous suiviez un Master 1 en droit
privé ou public général, sans mention particulière (surtout pas, par exemple, la mention ou le parcours notarial). Pour ne pas essuyer plus tard le reproche de vous être désintéressé d'une
spécialité, prenez la matière à l'oral. En tout état de cause, votre choix devra se cristalliser au printemps : vous devrez privilégier une branche du droit et demander des Master 2
similaires (au moins, ne révélez pas que vous candidater dans un M2 de droit médical, un M2 de droit social et un M2 de droit rural : c'est incohérent).
Il faut éviter les diplômes « bidons », sans débouchés ni étudiants, créés à l’origine pour le seul bon plaisir d’un enseignant qui trouva confortable de réaliser tout son service dans un DEA ou un DESS confidentiel (ou, plus simplement, qui crut par naïveté attirer la France entière sur un créneau très étroit et peu porteur).
Ici réside sans doute l’un des plus grands scandales : l’offre de DEA et de DESS est, de longue date,
pléthorique ; pourtant, tous ou presque ont été maintenus sous le label Master 2 Professionnel ou Recherche.
Si j’osais, je citerais en exemple ce Master 2 Professionnel de juriste européen d’une Faculté de droit d’une certaine importance qui a reçu en 2007… 15 candidatures. Bien que la matière ne soit
pas fantaisiste (ce n’est pas un Master 2 en Informatique juridique, en théorie du droit, en droit douanier, en droit des zones côtières [ça existe !!!]…), il n’est pas difficile
d’imaginer la valeur d’un tel diplôme. Leurs directeurs se mettraient à genoux pour vous convaincre de venir, non parce que votre avenir leur importe mais parce qu’ils craignent de perdre leur
habilitation ministérielle (remise en jeu tous les quatre ans) et de devoir retourner faire cours en années de licence (là où ils ne peuvent regrouper tous les cours sur quelques journées de
l'année et même en annuler quelques-uns discrètement, comme cela est possible dans un M2 que l'on s'est taillé sur mesure).
À terme, la politique d’évaluation des laboratoires de recherche et des diplômes lancée par le ministère devrait aboutir à la
suppression ou la fusion de ces Masters fantômes qui pullulent, avec un peu de chance.
Pour l’heure, comment vous repérer dans ce maquis ? Voici ce qu'un étudiant a nommé un jour avec humour, après avoir mis en oeuvre les conseils qui suivent, le "faisceau d'indices
Morvan" ...
A part les guides spécialisés des 3e cycles (ex. : Lamy), consultez un classement rigoureux, notamment celui de SMBG (www.smbg.fr). La presse généraliste
propose périodiquement des classements, qu’il faut parfois prendre avec des pincettes (un DESS sur le droit des organisations humanitaires s’était retrouvé très bien classé alors que ses
débouchés sont manifestement limitées ; les journalistes se font aussi abuser).
Ensuite, consultez les rapports de l'AERES (http://www.aeres-evaluation.fr/) : dans chaque université, chaque école doctorale (une entité révélatrice
de la vitalité d'une université), chaque licence et surtout chaque master (globalement, pas les M2 individuellement hélas) a été évalué par cette autorité administrative indépendante qui ne
triche pas, même si les critiques sont souvent feutrées. En parcourant le dossier d'une université, dans la discipline du droit (cf. rubrique sciences humaines et sociales), et en lisant un peu
entre les lignes..., on se fait une idée de la qualité ou de la médiocrité de ses formations, et aussi du degré d'investissement de ses enseignants (un indice : lorsque l'AERES déplore que le
dossier a été mal rempli ou avec mauvaise grâce, cela trahit l'isolationnisme et l'endogamie qui règnent dans l'université en cause où l'on apprécie pas du tout ces experts qui viennent
évaluer les diplômes en fourrant leur nez partout alors qu'"on était si bien dans notre coin à bricoler nos petites affaires").
D’une manière générale, appliquez des critères de sélection objectifs tels que :
- l'importance de l'université. Si Paris présente la meilleure offre, d'une manière très générale, certaines universités de province recèlent quelques Master 2 remarquables ; partout, il existe
des perles à côté d'autres M2 moins reluisants.
- l’ancienneté du Master 2 ainsi que son réseau et son annuaire d’anciens étudiants (existent-ils au moins ?) qui représentent un atout essentiel pour trouver un emploi à la
sortie ;
- ses partenariats avec les professionnels ; ceux-ci doivent proposer les stages mais, encore mieux, il peut y avoir un parrainage, des contrats d'apprentissage voire ensuite des
conventions CIFRE pour les étudiants qui envisagent une thèse en alternance ; à l'inverse, le M2 où les étudiants doivent trouver eux-mêmes leur stage est une horreur à fuir ;
- le nombre d'heures de cours : un Master 2 "bidon" propose quelques journées de cours dans l'année ou très peu d'heures de cours sur la semaine, avec parfois un alibi hypocrite (vu et entendu
dans les commentaires qui accompagnent cet article : "les cours s'interrompent trois mois de mars à mai pour laisser les étudiants rédiger leur mémoire"... ; "les cours sont regroupés sur
quelques journées dans l'année" et le responsable n'est jamais là...) ; la vérité est que cet aménagement du temps de cours vise à laisser beaucoup de temps libre au responsable (avocat par
ailleurs ou, pire encore, universitaire totalement oisif) ;
- la renommée de son directeur et de son équipe enseignante ; consultez le catalogue de la bibliothèque Cujas sur internet ou la base de données Doctrinal, par exemple, et vous
verrez qui publie (des articles ou des ouvrages) et qui n'a jamais pondu une ligne en des années de carrière ;
- le nombre de candidatures reçues (500 pour les meilleurs, à partir de 300 pour les bons), etc.
L’idéal est de pouvoir échanger avec d’anciens étudiants. Un Master 2 dynamique est présent dans des forums, organise un
colloque ou un petit-déjeuner. Soyez-y présent afin de prendre des informations et montrer votre motivation.
Un conseil facile à suivre : ne vous auto-censurez pas. Un dossier moyen (c’est-à-dire que chaque année a été obtenue à la première session, sans mention mais pas loin
de 12 de moyenne) ouvre accès aux meilleurs Master 2. Le « Master 2 qui ne prend que des étudiants avec mention chaque année », c’est la plus ancienne des légendes universitaires. On ne
constituerait pas une promotion de 25 étudiants avec un tel niveau d'exigence.
Si la sélection se fait sur dossier et sur entretien, vous serez convoqué et aurez toutes vos chances. C’est une opinion très personnelle (tout de même inspirée par 12 années d’observations
in vivo) mais beaucoup d’étudiants, parfois avec de bons dossiers, manquent de relief et de personnalité. Leur culture générale et leur curiosité sont au point mort : à ce titre,
lisez un quotidien d’actualité sérieux toute l’année pour donner l’impression que vous vivez dans le même monde que nous et que vous n’êtes plus un enfant.
En droit du travail et en droit de la protection sociale, où les débouchés sont
immenses et variés, reportez-vous au propos introductif de ma première fiche de TD.
Notez à ce titre que la différence entre un DEA (M2 Recherche) et un DESS (M2 Professionnel) est souvent assez mince. Une infime minorité des étudiants de DEA se lance
dans une thèse (d'ailleurs, de 80 à 90 % des thèses de droit n'aboutissent pas) et beaucoup de DESS laissent les étudiants trouver eux-mêmes leur propre stage (une pratique stupéfiante
qui suggère de prendre ses jambes à son cou). Bien qu'ils n'aient pas accompli de stage, les étudiants qui sortent d'un M2 Recherche peuvent candidater aux mêmes offres d'emploi que
leurs homologues de M2 Professionnel. Ces derniers ont simplement plus d'opportunités car ils peuvent avoir accompli leur(s) stage(s) dans une entreprise ou un cabinet qui souhaite les embaucher
dans la foulée.
5°) Les lycéens n’ont jamais connu d’orientation digne de ce nom. Les conseillers d’orientation de lycées sont débordés et de toute façon incapables de s’acquitter de leur tâche : notamment, qui d’autre qu’un juriste curieux et bien informé peut parler des études de droit et de leurs débouchés ? En outre, ces conseillers ont suivi des études de psychologie, celles qui conduisent le plus sûrement au chômage ou à une activité totalement différente ! Il leur est difficile, dans ces conditions, de donner des leçons.
Par delà cette autre polémique (mille pardons de tenir encore des propos inamicaux), vous devez renouer avec l’orientation qui est la pierre angulaire de votre cursus et un thème passionnant.
Il existe certainement dans votre université un Centre d’information et d’orientation (CIO ou SUIO) bien documentés. Celui de Paris 2 (http://cio.u-paris2.fr) vous propose une abondante documentation dans la salle Autodoc, des offres de stages ou d’emplois, des entretiens.
Le premier responsable de l’échec universitaire, c’est l’étudiant passif qui attend de subir d’amères expériences pour découvrir la réalité qui l’attend. Les parents couvent leurs enfants (je couve les miens de la même façon) et l’université est une bulle soigneusement coupée du monde : prenez votre destin en mains. Renseignez-vous.
Selon le joli slogan de mon ancienne école primaire : « Maintenant, il faut grandir ».
Cette chronique est la vôtre : vous pouvez l'enrichir de questions
supplémentaires auxquelles je répondrai (lire ci-dessous et
plus largement les dizaines de questions auxquelles j'ai répondu dans les commentaires)
Question : Etudiante à Paris 2 , je viens d'obtenir un master 1 en droit social aux rattrapages (et donc de façon très moyenne) mais je suis dans une impasse pour l'année 2008-2009 car aucun de tous les masters 2 de droit social auxquels j'ai postulé dès le mois de mars n'a accepté ma candidature.
Je souhaiterais avoir votre avis sur la meilleure des solutions qui s'offrent alors à moi afin de pouvoir espérer être reçue en master 2 pour l'année 2009-2010 et terminer mes études :
- faut il recommencer mon master 1 pour obtenir de meilleures résultats et effectuer le second semestre en alternance comme il l'est proposé à Paris 2 ?
- faut il faire un autre master 1 ?
- faut il faire une "année de césure" afin d'effectuer quelques stages en entreprise ou en cabinet d'avocat ?
Réponse : Votre cas est répandu et… non désespéré : je suis convaincu que vous
pouvez valoriser l'année à venir (une année un peu "creuse" a priori) pour obtenir un M2 intéressant l'année suivante. Mais il faut que cette année soit réellement enrichie, que votre CV en
retire une plus-value qui fera dire que c'était presque une chance d'avoir eu votre M1 à la 2e session ! Rien ne serait pire que de s'inscrire à l'IEJ pour passer le CFPA... et puis c'est
tout (en ce cas, au moment de candidater à nouveau aux M2, au printemps, vous n'aurez rien de plus qu'un an auparavant).
D'une manière générale, il est important de peser chacun de vos choix et de pouvoir les expliquer. Cela prouvera déjà votre maturité et votre volonté d'établir un
"projet professionnel" cohérent (beaucoup d'étudiants naviguent à vue, hélas, faute de réfléchir ou de s'orienter à l'avance).
Plus précisément, d'abord, faites un autre M2 nettement différent du précédent : après un M2 de droit social, pas un M2 de droit privé général mais plutôt un M2
droit des affaires voire un M2 de droit international et européen.
Parallèlement, mettez le paquet sur l'anglais, comme je l'explique dans ce blog. Prenez des leçons pour réviser les bases mais surtout lisez de l'anglais
(personnellement, je trouve distrayants Vocable et le supplément New York Times vendu avec Le Monde du samedi) et trouvez un partenaire anglophone pour la
conversation (acquérir de la fuidité, c'est le but essentiel). Au printemps, passez le TOEIC ou le TOEFL. Une étudiante de notre M2 DPRT à Paris 2 vient de me rappeler qu'elle était
« nulle » en anglais et avait eu 600 points (sur 990) au TOEIC. Cela suffit pour candidater dans un M2 (nous l'avons prise !) car cela atteste déjà du souci de cultiver un peu la langue
de Shakespeare.
Toujours parallèlement, effectuez un stage dans le domaine correspondant aux M2 que vous voulez demander l'année prochaine (par exemple en droit social pour un M2
de droit du travail ou de la protection sociale). Il prouvera que votre idée d'étudier cette matière ne vous est pas venue la veille (parfois, nous avons le sentiment que certains étudiants
ont candidaté chez nous parce qu'ils avaient « vu de la lumière » ou parce qu'ils voulaient qu'on leur donne un emploi ; ils auraient aussi bien fait du droit de la propriété
intellectuelle ou du droit immobilier).
Reste la formule du Master 1 avec l'unité d'Enseignement Professionnel (UEP), à Paris 2, qui remplace le 2e semestre par un stage. C'est une formule intéressante de
type DESS dès le Master 1. Je la conseille surtout aux étudiants en situation d'échec qui ne se sont jamais adaptés aux études, dont le dossier en 3e année de Licence est très moyen (qui n'ont
donc aucune chance de décrocher un M2 à terme et n’ont rien à perdre) mais dont la valeur ne demande qu'à se révéler sur le terrain. Il y en a. L'inconvénient est de rater des matières
essentielles au 2e semestre, ce qui peut refroidir un directeur de Master 2. Mais si vous effectuez un deuxième M2, dans une autre discipline, c'est moins grave. Il ne faudrait pas toutefois que
vous soyez dispensé des matières qui sont au coeur de ce M2 (le droit fiscal des affaires en M1 de droit des affaires, par exemple). Bref, sauf situation de blocage dans le cours de vos études et
une envie pressante d'entrer en contact avec la vie active, continuez à suivre un M1 classique.